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Récit tour d'Afrique

26/03/2010 - Lu 9374 fois

L'afrique avec un grand A... par Guillaume Gilly (Kikoy).

Voici un petit résumé de notre premier tour d'Afrique, effectué après plusieurs séjours durant lesquels nous avions parcourus l'Afrique de l'ouest en Taxi B , Peugeot et 4x4 .
 

  • Africa 1 - 2003/2004 : Tunisie, Algérie, Niger, Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Angola, Namibie et Afrique du Sud;
  • Africa 2 - 2004/2005 : Afrique du Sud, Botswana, Mozambique, Malawi, Tanzanie et Kenya;
  • Africa 3 - 2005/2006 : Kenya ,Ouganda, l'Éthiopie , Soudan et l Égypte.

Africa 1

Port de Marseille, nos têtes sont dès à présent dans le voyage : voiture surchargée, accrochages sur les quai, engueulades, et déjà, quelques heures de retard pour l’embarquement.

Continent africain. La Tunisie nous accueille. Une route tranquille nous mène jusqu’à Tozeur où nous restons deux jours au camping, et apprécions nos premières dattes au soleil et les balades en ville.

Passage, sans difficulté, de la frontière algérienne. Les douaniers n’ouvrent même pas la voiture. Ici, faire le plein de carburant est un vrai bonheur, environ 10 euros pour 100 litres. Nous partons en direction du sud avec un peu d’appréhension, car depuis les enlèvements de touristes six mois auparavant, toutes sortes de rumeurs sur la sécurité circulent et il est difficile d’obtenir des informations fiables même auprès des autorités. C’est pourquoi nous avons décidé de descendre jusqu’à Tamanrasset par la route et non pas par les pistes du Hoggar.
De nombreux contrôles de police nous attendent le long du parcours. Nous arrivons le soir à Ouargla (oasis de 77.000 habitants), pendant la rupture du jeûne du ramadan et sommes un peu perdus, sans adresse pour passer la nuit. Heureusement un jeune chauffeur de taxi nous propose son aide et nous conduit à un parking fermé pour que nous puissions camper. Là, le gardien nous laisse sa maison pour la nuit pour que nous soyons tranquille. Bref, que des gens sympa qui se sont mis en quatre pour nous aider. C’est de bon augure pour la suite. Le lendemain c’est jour de fête avec la fin du ramadan ; il n’y a personne sur les 400 km de longues lignes droites, dans le désert, jusqu’à El-Goléa (oasis de 24.000 habitants) mais les paysages sont magnifiques (dunes, montagnes, hauts plateaux).

Une fois à El-Goléa, les hommes à qui nous demandons des renseignements nous invitent à partager leur repas de fête : couscous, gâteaux et notre premier thé. Tout cela devant une télévision grand écran qui diffuse en permanence des clips de groupes américains avec de superbes pin-up ; alors que dans la ville les femmes circulent enveloppées dans un drap blanc ne laissant dépasser qu’un œil. Nous dormons à l’auberge de jeunesse. L’on nous incite à la sécurité en nous enjoignant de rejoindre le lendemain, un convoi de camions pour poursuivre la route vers Tamanrasset. En fait, lorsque que nous nous présentons au poste de police, on nous laisse partir seul. Personne sur les bords de la route pendant 400 km, si ce n’est un barrage de gendarmes qui nous offrent de succulents gâteaux.
Arrêt à In Salah, (oasis de 19.000 âmes) petite ville au milieu des dunes. Le camping est vide mais nous faisons notre premier resto avec lentilles, pois, cailles et fanta. Le soir nous y retournons pour un couscous. Malheureusement, ce n’est pas le jour du couscous. Après le dîner nous allons boire un thé au bar branché du coin. Nous y rencontrons un touriste avec son guide.

Nous reprenons la route au lever du jour afin d’arriver à Tamanrasset avant la nuit. Toujours de superbes paysages désertiques. Finalement nous nous arrêtons 140 km avant Tamanrasset pour camper près d’une gendarmerie. Là, nous sommes rejoints par le convoi. Pendant une heure c’est le balai des camions qui manœuvrent, puis les chauffeurs cuisinent dans leurs cabines.
A Tamanrasset,Nous nous installons dans un super camping avec eau chaude et resto. des touristes arrivent en avion pour effectuer des raids dans le Hoggar, suivi d’une initiation folklorique au restaurant, avec vente de chèches et de souvenirs. Cela nous change des jours précédents.
Intriguée par notre arrivée en voiture, une journaliste de Canal Algérie nous interviewe afin de montrer à l’étranger qu’il n’y a pas de problème de sécurité en Algérie. Nous passons aux infos le 6 décembre.
Pendant notre halte nous en profitons pour faire les visas d’entrée au Niger et faire le plein de gasoil dans une station qui n’est pas réservée aux camions. Une demi-heure d’attente. Nous prenons la piste jusqu’à In-Guezam, ville frontière entre l’Algérie et le Niger. Sur 50 km, le goudron est plein de trous. Nous nous perdons à la sortie d’un oued, le GPS nous indique que nous sommes sur une piste parallèle . In-Guezam est un horrible village de sable mou. Nous faisons les formalités de sortie d’Algérie et obtenons l’autorisation de dormir derrière l’enceinte du poste de douane. Le lendemain, après la traversée du no man’s land, nous arrivons à Samaka au Niger, quelques maisons posées sur une dune où circule tous les camions de trafiquants chargés de cigarettes, essence, etc. Les palabres commencent, tout d’abord avec la police, puis la gendarmerie suivie des douanes et enfin l’assurance.Évidement il y a des taxes imprévues ce qui nous obligent à faire un mauvais change (pas pour tout le monde, mais bon, il faut bien que les Nigériens, qui viennent s‘enterrer ici, gagnent leur vie. C’est cela ou le trafic). Nous sommes contents. C’est l’Afrique avec toute sa vitalité et ses « démerdes » dans la bonne humeur.
Le GPS nous aide pour faire la piste jusqu’à Arlit. Premier arrêt pour donner de l’eau à une femme qui campe, au milieu de nulle part, avec ses enfants, suivi de deux autres pauses auprès de camions en panne pour distribuer eau et cigarettes aux chauffeurs et passagers qui risquent de rester quelques temps dans le désert avant d’être dépannés. A cause des rumeurs d’insécurité du coin, nous ne profitons pas vraiment de ces moments ni des paysages et qui nous poussent à ne pas traîner. Arlit n’offre rien d’intéressant à visiter, aussi, nous continuons jusqu‘à Agadez pour une arrivée de nuit dans un camping vide. Nous faisons rebrancher les frigos afin de boire notre première bière fraîche depuis le départ. Elle fait du bien la petite mousse africaine.

L’étape suivante est Konni près de la frontière du Nigeria. Nous y faisons le plein d’un gasoil de contrebande, en espérant qu’il ne soit pas trop pourri. A l’arrivée à Niamey, un classique. La police nous demande notre extincteur et notre triangle… (alors que l’on est dans une voiture particulière et que l'extincteur est obligatoire seulement pour les transports publics. Il faut résister calmement, sourire et ne pas payer). Seule l’arrivée d’une voiture de personnalités nous épargne une longue négociation. Tristesse au camping. Notre copain Hassan est mort pendant l’été. Sinon rien n'a changé. Un fond sonore, mélange du chant des muezzins des dizaines de mosquées de la ville, de la musique du bar et des rumeurs de la ville. Nous restons quelques jours à Niamey pour attendre des amis hollandais rencontrés en Inde et qui veulent faire un bout de chemin avec nous. Nous passons beaucoup de temps au cybercafé où il fait frais et sans poussière. Nos repas se composent le plus souvent de brochettes et de frites. On s’achète une radio. Enfin, de la musique et RFI.

Pour passer le temps nous partons camper le long du Niger, sous les manguiers, et profitons pour naviguer une journée en pirogue sur le fleuve. Il y a beaucoup d’activités car, ici, tout se passe sur le fleuve : le transport des personnes et des marchandises entre les villages et les marchés, la pêche. Mais
L'un de nos piroguiers est aussi caddy au golf de Niamey. Il connaît toutes les règles. Le parcours est spécial : pas d’herbe et les greens sont un mélange de sable et d’huile de vidange. Pourtant, il est très fréquenté par les expatriés.

Nos amis hollandais sont enfin arrivés. Heureusement, car dans la nuit quelqu’un agresse Christine pour de l’argent. Je crie et leur arrivée fait fuir le voleur (il n’y pas de gardien au camping).

Nous reprenons enfin la route vers le Tchad. Sur le chemin, nous faisons les pleins d’un gasoil de contrebande. 3 jours de route et de bivouacs au milieu de troupeaux de zébus gardés par des cavaliers. On dirait le far west. En effet la saison des pluies vient de se terminer et une petite herbe pousse dans le désert.

A Diffa où nous faisons les derniers ravitaillements avant le tour du lac Tchad. Malheureusement, les pompes sont cassées. Deux africains, impeccables dans leur boubous et en costume, nous font les pleins en manipulant des bidons et en siphonnant l’essence. Il nous est arrivé, plusieurs fois en brousse, de croiser des hommes aux vêtements impeccables (et il n’en ont souvent pas d’autres) alors que nous, nous sommes couverts de taches et de poussière ; tout comme au volant de notre 4 x 4, nous croisons, sur des pistes pourries, des mobylettes ou des voitures épaves surchargées qui passent partout. Cela vous remet en place.
Après un long no man’s land très sableux nous arrivons au poste frontière tchadien. C’est un village saharien très pauvre. Tout le monde nous accoste pour parler ou demander des revues.
Les formalités (douane, police, gendarmerie, militaires puis sécurité nationale) se passent assez rapidement.



Nous suivons les traces de camions au milieu de dunes couvertes de genêts. Le sable est très fin ce qui nous occasionne quelques ensablements. A part quelques cavaliers et trois vieux camion 6 x 6 surchargés, ne dépassant pas 15 km/h, c’est le désert total.

Mao, premier gros village où nous nous arrêtons pour des contrôles, se trouve au sommet d’une dune avec une oasis en contrebas. C’est magnifique et les habitants sont très agréables. Nous en profitons, car les 100 derniers kilomètres pour arriver à N'Djamena sont horribles. C’est une piste pleine de trous avec une poussière grise. Vivement une douche.

Nous allons essayer de camper au Novotel. L’endroit proposé est la cour du personnel derrière la piscine. C’est moche. Et pour arranger, le bar et le restaurant sont hors de prix. Du coup, nous trouvons un petit resto africain qui nous accueille, dans son jardin, entre deux réacteurs de Caravelle. Le reste de la carlingue qui servait de salle de restaurant a brûlé. Les sanitaires sont sales mais la cuisine très bonne et le personnel sympa.

Pour le réveillon de Noël nous partons traîner en ville, chez des non musulmans et ils sont nombreux à N’djamena. Alcool à flot. Nous écumons différents bars et buvons force bières. Nous mangeons, de la superbe viande, avec les doigts, servie dans des morceaux de papier ciment. Nous rentrons tôt car la ville est dangereuse et comme les gens commencent à être excités.
Le passage de frontière entre le Tchad et le Cameroun est un peu pénible. Après quelques palabres et francs CFA dans l’escarcelle de quelques uns, nous arrivons enfin au parc national de Wasa. C’est la première fois que je visite une réserve et suis impatient en attendant le réveil à 5 heures le lendemain ; au réveil, il fait très froid. Le guide monte à côté de moi et Christine s’installe sur le toit. Il faut attendre que la température augmente pour voir les animaux émerger et aussi adapter sa vision à la nature environnante. Mais heureusement le guide est là pour nous montrer les animaux dans les hautes herbes et les fourrés.
Nous apercevons toutes sortes d’antilopes et également des troupeaux de girafes aussi curieuses que nous. Par contre, malgré les nombreuses traces, impossible de voir des éléphants ; vers une heure, retour au campement. Pendant les heures les plus chaudes les animaux dorment. Nous avons roulé 150 km dans la matinée et pas vu le temps passé. A quatre heures nous nous remettons en route. Deux heures après, toujours pas d’éléphants, mais notre guide débusque une lionne dans un fourré. Nous la suivons pendant vingt minutes. C’est Daktari. Sur le chemin du retour, une lionne se désaltère. Nous avons passé une super journée, bien rit avec le guide malgré la barrière de la langue. Nous avons hâte de visiter d’autres réserves en Afrique australe. En route pour Yaoundé, nous passons une chaîne de montagne. Dans la montée, de nombreux camions sont en pannes et certains ont le moteur entier complètement démonté sur le goudron, les pistons alignés en attendant les nouvelles pièces. Nous passons le nouvel an à Ngaoundéré. Dans l’hôtel la stagiaire nous raconte son histoire : elle est étudiante en hôtellerie et son patron ne veut pas lui signer son rapport de stage qu’elle a fini il y a six mois, afin qu’elle reste travailler au prix d’une stagiaire. La pauvre, même son école ne fait rien pour elle.

Sur la piste nous commençons à être entouré par la jungle.

Des bananiers partout ainsi que des palmiers et autres papayers, etc. Les femmes se promènent toutes avec une corbeille dans le dos pour aller à la cueillette en forêt et, sur le bord de la piste il y a plein de gibier à vendre : porc-épic, singe, chat hurlant. Il devient très difficile de trouver un campement en dehors de la piste car la forêt est très dense et humide. Notre première nuit dans la jungle est impressionnante du fait des bruits et des milliers d’insectes qui nous entourent.

A Yaoundé, Christine doit faire refaire son passeport et, comme d’habitude, il faut se battre à l’ambassade pour obtenir un service. On se demande à quoi ils servent. En attendant le passeport, nous partons une semaine à Kribi, au bord de la mer. Baignade tous les jours et poisson à tous les menus. Ce sont les vacances.

De retour à la capitale nous coupons un rond-point par une grande avenue. Manque de pot elle est réservée au président (il n’y pas de panneau, mais c’est vrai que personne ne l’emprunte) et, évidement, nous nous faisons arrêter par la police. Après une demi-heure de négociation nous sommes parvenus à diviser l’amende par cent. Nous récupérons le passeport et faisons faire les visas pour le Gabon et le Congo.
Nous reprenons la route vers le Gabon. Il pleut par intermittence et nous arrêtons dans un hôtel où l’on nous propose le terrain de tennis pour camper. C’est bien pratique car il n’y a pas de boue.

Nous empruntons un bac pour entrer au Gabon La piste est en travaux car on y construit une route goudronnée. Le chantier est gigantesque et doit durer un an. Ça fourmille d’ouvriers et de machines au milieu de la forêt équatoriale. Avant d’arriver à Libreville nous passons deux fois l'Équateur dans la même journée. C’est original et cela fait plaisir.


 

Le Gabon est un pays riche mais, comme tout y est importé, la vie est chère. Beaucoup d’Africains de l’ouest y travaillent et y tiennent des commerces. Libreville est une ville, en bord de mer, très agréable. Nous logeons dans une mission catholique, comme souvent en Afrique centrale. Après avoir récupéré nos visas pour l’Angola nous partons pour Franceville (et oui, que des noms français).

Sur le bord de la route, toujours autant de gibiers exposés et proposés : crocodiles, tortues, en plus de tout le reste. Les habitants de la forêt équatoriale n’aiment que le gibier de brousse. Les autres viandes sont trop fades et en plus trop chères, car il n’y a pas d’élevage. Au bout d’un moment nous attaquons la piste avec un nouvel élément qui va nous suivre quelque temps : la boue.

Et d’ailleurs, pour notre premier bourbier, un camion englué sur le bas-côté et son équipage attendent du secours en luttant contre des centaines de moucherons qui leur tournent autour.

Le soir nous campons sur le parking d’une chapelle. Au réveil nous apercevons quatre buffles au loin. Nous ne pouvons les en approcher. Ce seront les seuls animaux avec le serpent manba que nous écrasons que nous verrons ans la forêt. Pourtant, d’après les habitants, il ne manque pas d’éléphants, de buffles, de panthères. Ils y pénètrent, chaussés de tongs, mais toujours avec leur coupe-coupe, etc. Pour ma part impossible de rentrer en fauteuil.
A Franceville nous apprenons que la frontière que nous voulons emprunter pour passer au Congo est fermée. Nous décidons de retraverser le Gabon par l’ouest. Malgré deux heures de discussion avec beaucoup de gens, qui nous racontent plein d’histoires, nous n’avons toujours pas de renseignements précis sur l’état des pistes, ni sur les petites frontières ouvertes ou fermées.
Le deuxième jour, nous prenons deux gendarmes partant enquêter sur les circonstances de la mort d’un paysan tué par un éléphant. Une fois ceux-ci déposés, nous nous retrouvons seuls dans la jungle, sur des pistes défoncées et montagneuses. C’est l’inconnu. En fin d’après-midi l’orage éclate, la piste devient une vraie patinoire et disparaît par moment sous des coulées d’eau. Malgré toutes les aides techniques du 4 x 4, je mets la voiture en travers, au bord du fossé. Nous ne sommes pas fiers. Nous trouvons enfin un petit hôtel. Mais la pluie qui tombe toute la nuit nous angoisse pour la suite du trajet. Et, dès le début, ce sera dur. Nous passons une matinée à essayer de sortir un minibus de la gadoue. En vain. Il devra attendre qu’un camion passe plus tard. Heureusement, ensuite ce sera facile jusqu’à la frontière.

Notre arrivée crépusculaire au Congo est sinistre. Les douaniers ont des têtes patibulaires, sont tout dépenaillés. Un gendarme blessé, que nous embarquons, va nous faciliter la dizaine de contrôles que nous subissons, mais ne pourra rien pour éviter les trous d’eau où la voiture s’enfonce à mi-portière. Chaque fois, l’on se demande si l’on va s’en sortir.
Nyanja, la ville administrative du coin, n’a ni eau ni électricité. Pas d’hôtel pour nous. Les militaires nous conduisent à la maison, en chantier, d’un ministre. Tous les voisins y rentrent également et nous observent pendant que nous en chassons d’énormes araignées. Après une très mauvaise nuit, départ à six heures, et, toujours sous la pluie, nous empruntons une piste de grumiers, créée et entretenue par les Malaisiens qui exploitent (pillent serait plus juste) les forêts (qu’ils ont complètement anéanties chez eux).
A Pointe-Noire (300.000 habitants), nous nous reposons trois jours. La ville, très agréable, n’a pas connue la guerre et bénéficie de nombreux équipements pour les occidentaux travaillant dans des sociétés pétrolières. Comme souvent, nous rencontrons des gens sympas qui nous font découvrir la ville et nous aident dans nos démarches.
De Pointe-Noire, nous avons décidé de rejoindre Cabinda, enclave angolaise de l’or noir, coincée entre le Congo Brazzaville et le Congo Kinesthésie (ex Zaïre) et d’y trouver un moyen de transport pour rejoindre directement l’Angola et éviter le passage de frontière par le bac, entre Brazzaville et Kinshasa (ex Léopoldville), deux capitales assez dangereuses.
Bien que ne connaissant rien au portugais, le passage de frontière se fait assez rapidement et on nous recommande de ne surtout pas s'arrêter les 40 km suivants. sur la piste nous croisons plusieurs jeunes, en civil, armés de kalachnikovs. Comme ils n’ont pas l’air de s’intéresser à nous, nous continuons notre route. Finalement nous apprendrons que ce sont les militaires qui protègent la route des bandits.
Arrivés en ville, nous allons directement au port et tombons sur une personne parlant français qui veut bien nous aider. Au port, nous voulons connaître le tarif pour mettre la voiture sur un bateau jusqu’à Luanda, capitale de l’Angola. C’est hors de prix, d’autant qu’on peut vous demander un surplus pour la grue, lors du débarquement. Nous filons à l’aéroport où, d’après un mail de motards suisse, rencontrés au Cameroun, il y a la possibilité d’embarquer sur un Antonov. Cela se passe avec des militaires. Un officier nous reçoit et apparemment cela ne pose pas de problème. Il faut juste négocier le prix (inférieur au bateau) et attendre un avion. C‘est incroyable. Les pilotes de l’avion militaire sont des russes, en jeans et tee-shirts, pas du tout étonnés de nous embarquer. Ils fixent la voiture et nous invitent à rester à l’intérieur. Décollage, assis dans notre voiture avec notre ceinture de sécurité attachée.

L’avion est vieux et bruyant. Nous ne sommes pas rassurés. D’ailleurs, l’atterrissage va être assez brutal. Comme l’arrivée se fait de nuit, nous demandons un endroit où camper. L‘on nous installe entre deux avions dans la zone militaire. Le film continue.

La matinée commence par une heure de queue à la station service. Bizarre pour un pays producteur. Mais à six euros le plein, ne faisons pas les difficiles, surtout que cela se passe dans une ambiance africaine très sympa. Par contre nous quittons assez vite Luanda, gigantesque mégapole avec des millions de réfugiés entassés dans les bidonvilles à la périphérie de la ville aux limites incertaines. Les traces de la guerre sont là, accablantes, blindés qui rouillent ou maisons criblées de balles. Cela va durer toute la traversée de l’Angola. Pourtant nous nous sentons en sécurité et avons un bon contact avec les angolais, malgrès la barrière de la langue.

Les routes sont défoncées et nous circulons à 15 -20 km/h de moyenne. Un soir où nous arrivons de nuit dans un village, à moitié dévasté, l’on nous installe dans la cour du commissariat pour dormir. Nous partons, au bar, avec le chef déjà ivre. Musique capverdienne. La serveuse danse toute seule. Dans l’établissement, le chef fait « son tyran » auprès des jeunes ; nous sommes toujours dans un film.

Jusqu’au bout, la route sera un enfer. En plus des traces visibles des 25 années de guerre, il y a les mines. Certaines sont répertoriées par les bornes de l’ONU. Il faut faire très attention aux autres, surtout quand l'on cherche un endroit pour camper.

Alors que nous approchons de la frontière namibienne et que la chaussée s’arrange, nous décidons de rallonger notre chemin en prenant une piste vers un autre poste, afin de prolonger et de profiter des derniers moments d’aventure du voyage. Nous traversons de grands villages de huttes, prenons des auto-stoppeuses, aux seins nus, couvertes de colliers de perles. Elles sentent, quand même très fort la chèvre, mais échangeons des vêtements et cadeaux contre des bracelets. Nous sommes loin de la civilisation.

A la frontière avec la Namibie c’est le contraste absolu. D’un côté, quelques bâtiments à moitié détruits, des douaniers en guenilles qui dorment et rien d’autre. Une fois la barrière passée on se retrouve sur le goudron, avec des bâtiments climatisés, des ordinateurs et des douaniers impeccables.
Autre différence d’importance, il faut se mettre à la conduite à gauche. Les routes sont toutes bordées de barrières, alors que c’est un pays sous habité dont la majorité des terres appartient aux fermiers blancs qui peuvent posséder jusqu’à 50.000 hectares. La Namibie est indépendante.
A la première ville, nous ressentons l’insécurité que nous n’avions pas sentie en Angola, gardes armés devant les boutiques et les banques. Conseils de prudence de la part des blancs. Bizarre. Nous retrouvons aussi les supermarchés. Ce que nous apprécions après des mois de petites épiceries et… du vin d’Afrique du Sud.

Dans le nord du pays il y a encore quelques tribus qui essayent de vivres avec leur bétail. Ainsi à Opuwo, capitale de cette région, on peut voir les femmes Nimba, en jupe de peau et couverte de boue rouge, discuter avec les femmes Herero vêtues de robes européennes du 19ème siècle et de cornettes sur la tête.
Nous continuons notre descente vers le sud dans des paysages grandioses : canyons et déserts, et une pause dans le parc national d’Etosha où nous vivons des instants magiques à observer les animaux. Mais toujours pas d'éléphnats.



A notre arrivée en Afrique du Sud, nous avons l’impression de ne plus être dans la même Afrique. Il y règne une ambiance pesante, trop de barrières, raciales et sociales, et en plus les paysages ne sont pas dépaysants. Nous sommes déçus même si l’arrivée au Cap de Bonne-Espérance, la pointe du continent a été un grand moment après 20.000 milles parcourus.



Même si le voyage a été fatiguant par moment, le fait d’être un occidental (donc avec un pouvoir d’achat supérieur aux autochtones et un accès soins) facilite tout. Pourtant dans ce continent où se nourrir est un problème pour la plupart des gens et les soins médicaux quasiment inexistants par manque d’argent, cela vous fait réfléchir sur la différence qu’il y a entre eux, les Africains, et nous les Européens.

Ps : nous avons laissé la voiture à Johannesbourg et repartons la récupérer cette année pour faire le retour par l’Est.

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Auteur : GUILLAUME GILLY infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur