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Récit tour d'Afrique 2

29/03/2010 - Lu 8587 fois

Par Guillaume Gilly (Kikoy).

Africa 2

Guillaume Gilly et Christine, sa femme, voyagent régulièrement en voiture : Afrique, Madagascar, Inde.
Voilà quelques temps ils avaient entrepris la descente de l’Afrique : de Tunis, direction Le Cap, en Afrique du Sud ; 5 mois de voyage par l’itinéraire suivant : Tunisie, Algérie, Niger, Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Angola, Namibie et Afrique du Sud.  Ils sont repartis en Afrique du Sud pour effectuer un périple dans le bas de l’Afrique. Il s’agit de la seconde partie de leur voyage africain. Guillaume nous explique son voyage :

Voici un aperçu de la deuxième étape de notre tour d'Afrique, qui va nous mener de l'Afrique du Sud au Kenya en passant par le Botswana, le Mozambique, le Malawi et la Tanzanie. Début novembre, nous atterrissons à Johannesburg en compagnie de mon frère Mathieu qui va passer quinze jours avec nous. John, chez qui nous avions laissé la voiture pendant six mois, vient nous chercher à l'aéroport où on le laisse pénétrer avec son colt, car il est toujours armé comme la majorité des fermiers blancs sud-africains. Nous allons rester deux jours chez lui, afin de préparer le véhicule, au cours desquels nous aurons le droit à l'inévitable brai (barbecue sud-africain) avant de nous mettre en route pour le Botswana. Après une première nuit au camping de Gaborone, la capitale, où nos voisins ont tué un serpent dans la nuit, nous partons en direction du désert du Kalahari.

Le parc est vraiment désertique. Nous sommes les seuls touristes. En plus, les aires de campement ouvertes sur la nature se résument à un panneau d'indication. Il n'y a même pas d'arbre pour un peu d'ombre. A la tombée de la nuit, nous ne sommes pas très rassurés après un premier rugissement, au loin, d’un lion. Mathieu monte une barricade autour de sa tente. Le lendemain nous voyons nos premiers lions. Ils ont l'air bien inoffensifs, allongés sous un buisson, au bord d'un point d'eau qui du coup est déserté par tous les autres animaux.

Malgré la chaleur nous roulons toute la journée et sommes émerveillés par toutes les antilopes, les lions, etc. Dans ce désert survivent les derniers bushmen (cf : Les dieux sont tombés sur la tête). Seulement, toute la partie où ils vivent est interdite aux visiteurs pour les protéger. Je ne suis pas sûr que ce soit les vraies raisons (en fait, il y a des diamants dans le Kalahari et on veut en expulser les bushmen). Au coucher du soleil un autre 4x4 vient s'installer au campement. Il s'agit de Greg et Jane, des Australiens, avec qui nous prenons l'apéro et que nous retrouverons au Mozambique. Situé entre les bassins des fleuves Zambèze et Orange, le désert broussailleux du Kalahari couvre une grande partie du Botswana et s'étend vers la Namibie et l'Afrique du Sud (superficie d'environ 500.000 km²). Le Kalahari héberge encore une population de Bochimans (Bochimans ou Bosjesmans est dérivé de l'anglais Bushmen (littéralement : hommes des buissons ou de la brousse). Ils se nomment eux-mêmes San) qui furent les premiers habitants de l'Afrique australe.
L’étape suivante s'appelle Maun. Cette ville coincée entre le delta de l'Okavango (l'Okavango ou Cubango est le troisième cours d'eau d'Afrique australe par sa longueur. Il prend sa source près de la ville de Nova Lisboa en Angola central, avant de traverser la Namibie pour atteindre le Botswana) et le désert du Kalahari, entourée de grands parcs animaliers, ne vit que pour les safaris : donc uniquement pour les touristes. Elle est constituée d'une multitude de restaurants, agences de voyages, lodges entre lesquels circulent des dizaines de 4x4, le tout survolé par un balai incessant de petits bimoteurs. L'avantage de cet endroit est que nous trouvons un camping agréable avec une piscine à l’eau légèrement saumâtre où nous nous baignons quand même. J’en profite pour me reposer pendant qu'on organise nos prochaines visites.
Cent kilomètres de piste sableuse nous mènent au Park de Chobe (avec une surface de près de 11.000 km², ce parc animalier est le troisième du Botswana par sa taille, après la réserve du Kalahari Central et le Gemsbok National Park). Après un quart d'heure d'exploration, nous apercevons pour la première fois un éléphant dans une réserve. C'est très impressionnant et l'on se sent fragile dans notre grosse voiture. La suite de la journée sera un enchantement : girafes, éléphants, gazelles, oiseaux n'arrêteront pas de défiler devant nos yeux ébahis.

Quatre jeunes lions couchés nous accueillent à l'entrée du campement. Nous partons nous installer à l'autre bout près du blockhaus sanitaire anti-éléphants, car ceux-ci ont tendance à saccager les WC et douches lorsqu'ils ont besoin d'eau.



A la tombée de la nuit, notre dîner est interrompu par un concert de rugissements qui paraissent très proches. Aussitôt les assiettes sont abandonnées et on me porte dans la voiture. Mon frère décide d'installer sa tente sur la galerie de la voiture et de ne plus en descendre jusqu'au lever du jour. Le matin, tout autour de la voiture, il y a des traces d'éléphant, mais personne ne les a entendus passer. Puis c'est le départ pour Lyanti, à l'ouest du parc, lieu du prochain bivouac. La première piste se révèle impraticable. Trop de sable et d'arbustes. Du coup, nous empruntons une piste large comme une autoroute. Au bout d'une heure, alors que nous traversons une forêt, nous commençons à croiser plein d'éléphants dont une famille avec des petits qui s'est installée au milieu de la route pour boire dans les flaques. Nous nous arrêtons pour attendre qu'ils se poussent, mais entre temps un autre groupe vient s'installer derrière la voiture. Nous ne faisons plus les malins et ne savons pas comment nous sortir de là. Au bout d'une heure, les éléphants qui étaient derrière la voiture disparaissent dans la forêt, nous libérant la voie pour rebrousser chemin. Tant pis pour le camp de Lyanti, nous avons eu assez d’émotions et retournons au campement précédant où une dernière frayeur nous attend pendant le repas. Christine aperçoit un lion qui passe à un mètre du 4x4. Rebelote tout le monde dans la voiture où se déroulera le repas.
Le lendemain un rangers nous explique la technique pour faire bouger les éléphants. Il suffit d'avancer tranquillement en faisant du bruit et si l'éléphant n'a pas l'air d'accord, de reculer de quelques mètres avant de recommencer ; c'est peut être facile pour les gardes mais moi j'opterai toujours pour la solution du contournement. Après un nouveau séjour à Maun où j'apprécie particulièrement le fast­food à cause de la clim, nous partons pour la réserve de Moremi située dans le delta de l'Okavango. A cause des marais, en plus de tous les animaux vus précédemment, nous apercevons des hippopotames, des crocodiles et une quantité incroyable d'oiseaux pour lesquels je commence à me passionner.
Deux jours plus tard, alors que nous quittions la réserve sans avoir aperçu un félin, coup de chance, une troupe de lions nous précèdent sur la piste et semblent nous accompagner un moment. John nous accueille de nouveau pour quelques jours de vie « normale » dans une maison. Entre temps Mathieu a repris l'avion et j’ai une première infection urinaire.
Au Botswana nous n'avons pas rencontré d’autochtones Le pays est grand, peu peuplé et nous n'avons pas pris le temps d'y traîner, trop occupés à faire notre tour touristique des parcs animaliers. Il faut savoir que ce pays est le seul d'Afrique à ne pas avoir connu de guerre. En plus de ces parcs, on y trouve beaucoup de diamants. Pourtant les habitants ont l'air miséreux. Après le désert nous avons envie de profiter, au Mozambique, d’un peu de la plage. Ce pays, est parait-il, devenu une destination touristique après plusieurs années de guerre.

Il nous faut un petit temps d'adaptation avant de nous y retrouver avec le metical, la monnaie locale, surtout que nous sommes nul en portugais, la langue officielle du pays (le metical, au pluriel meticais, est la devise officielle du Mozambique). Une fois arrivés dans le premier camping, l'impression de dépaysement disparaît. C'est plein de Sud-Africains. Tout est en anglais et les prix se rapprochent de ceux pratiqués en Europe. C'est avec plaisir que nous retrouvons Jane et Greg avec lesquels nous allons nous baigner dans l'Océan Indien avant qu'ils nous préparent des langoustes à la cheese-cream.
Nous allons ainsi parcourir une partie de la côte mozambicaine sans trouver un endroit qui nous donne envie d'y rester plus d'une nuit. Peut être est-ce dû au vent permanent et à la surfréquentation de touristes Sud-Africains, pour lesquels ce sont les grandes vacances. Par contre on se croirait dans les îles : grandes plages avec barrière de corail, des champs d'ananas et des palmiers le long des routes, lesquelles sont en train d'être toutes refaites par des entreprises chinoises.

Sur l'une des plages, nous rencontrons une famille française avec leurs deux enfants. Ils sont partis pour un tour du monde, en camion, sur plusieurs années. Ils prennent vraiment leur temps, passant plusieurs mois dans les pays qui leur plaisent. Les enfants sont super. En plus de leur cours par correspondance, ils absorbent tout ce qu'ils voient et sont très à l'aise avec les Mozambicains alors qu'ils ne parlent que trois mots de portugais.

Après dix-huit heures passées dans la voiture, lors d'un bivouac au cours duquel la pluie torrentielle n'a jamais cessée, nous nous enfonçons dans le pays en direction du Malawi. Toute de suite les relations avec les Mozambicains deviennent plus sympas, mais la pauvreté et les stigmates des précédentes guerres apparaissent. Tout cela nous rappelle qu’en Angola, autre ancienne colonie portugaise devenue communiste, les Sud-Africains sont aussi venus faire la guerre. Dans un lodge où nous campons, nous rencontrons un couple Burundais-Canadien. Lui bosse pour une ONG en tant que démineur. D'après lui, il y en a encore pour plusieurs années avant d'obtenir un résultat concret. Ils nous invitent au resto où l'on goûte des steaks de crocodile, élevés à cet effet dans le jardin.
L'arrivée au Malawi est encore un dépaysement. S'il y a très peu de circulation sur les routes dont les abords sont surpeuplés, il y a des maisons et des gens partout, la moindre parcelle de terre est cultivée. Le Malawi est occupé en majeure partie par le lac Malawi qui fait 600 km de long sur une centaine de large. Du coup, il ne reste plus beaucoup de place pour la population et les champs, surtout avec les reliefs.

Bref, encore un pays très pauvre qui n'a même pas de système d'irrigation pour profiter des eaux du lac. Nous nous installons dans le camping d'un hôtel de luxe au bord de l'eau. Il y a la plage et les cocotiers.

On se croirait au bord de la mer. Des singes et des aigles pécheurs viennent compléter ce tableau paradisiaque. Lors de notre étape à Cape MacLear, au cours d'un baignade avec masque et tuba, nous allons découvrir les fameux cichlides du lac. Ce sont des petits poissons multicolores qui alimentent 80 % du marché des poissons d'aquarium d'eau douce dans le monde. Le campement étant dans un petit village, l’on rencontre beaucoup de monde. Et même si les relations on souvent un but commercial, c'est sympa et l'on rigole bien. Nous en profitons pour faire décorer la voiture par un artiste local, comme souvenir du coin. Nous quittons le lac pour Lilongwe la capitale. Nous désirons trouver une banque et une bonne pharmacie, car nous voulons acheter un traitement contre la bilharziose qui sévit dans le lac et surtout des cachets curatifs au cas ou nous attrapions le paludisme. C’est un nouveau médicament à base d'armoise, une plante utilisée par les Chinois pour traiter les crises de paludisme, qui outre son faible coût a comme avantage de se cultiver en Afrique où l'on encourage sa culture. Cela pourrait donner du travail aux paysans, car la demande est très forte et ainsi faciliter l'accès au traitement. Car n’oublions pas que le paludisme est la première cause de mortalité dans le monde et plus particulièrement en Afrique. Après différentes étapes dans des lieux paradisiaques, nous partons visiter le Park Nyika qui se trouve en altitude à deux heures de mauvaises pistes du lac, mais pas très loin à vol d'oiseau.

Le dépaysement est rapide, il fait de plus en plus froid quand nous arrivons sur des hauts plateaux à plus de 2000 mètres. On se croirait dans la lande écossaise ou certains alpages, sauf qu'on y croise des antilopes, des zèbres, des phacochères, etc. Le petit plus, de ce parc de vertes prairies, est qu'il est très fleuri avec entre autre de multiples variétés d'orchidées. Nous campons sous les sapins. Au réveil, il fait très froid et le brouillard se mêle à la pluie pour donner une ambiance très british. Des six heures, un gardien a allumé le feu pour la chaudière à bois des douches et c'est bien appréciable quand il fait huit degrés.

Nous repartons vers le lac. Deux heures plus tard, nous sommes en bordure des plages, au milieu des bougainvilliers. Il fait 30°. Nous avons décidé de passer le réveillon de Noël à la mission de Livingstonia. Elle surplombe le lac à 900 mètres d'altitude et la piste qui nous y mène est vraiment impressionnante. Cette mission a une centaine d'année. Les missionnaires anglais se sont installés en altitude car il n'y avait pas de moustique, ceci après plusieurs essais au bord du lac, au cours desquels ils furent chaque fois décimés par la malaria. Il n'y a plus de missionnaire anglais, mais la mission fonctionne toujours. Nous nous installons dans la maison du docteur Low qui a 100 ans et sert de gest­house. Les meubles sont d'époques même si c'est un peu désordre.
C’est le soir de Noël et, après beaucoup de tractation, nous avons obtenu 2 bières car l'alcool est interdit dans la mission. Nous sommes seuls pour la nuit dans la maison, tout le village passe la nuit à chanter à l'église. Cela a un petit coté spécial, comme si l'on était chez nous. Par contre il pleut toute la nuit et nous angoissons à l'idée de reprendre la piste pour retourner au lac. Après une descente au rythme d'un escargot, nous nous installons dans un campement sommaire tenu par un pécheur malawien. Il est nous tue un poulet que nous faisons griller sur la plage. Cet endroit nous change des autres guest-houses ou campement.
C’est le premier où nous arrêtons depuis longtemps et où nous avons l'impression d'être chez les malawiens et que l’on sent une envie commune de partager quelque chose. Après une dernière baignade, il est temps de remonter plus au nord, c'est à dire d'aller en Tanzanie.
Cette fois le passage de frontière nous rappelle l'Afrique de l'ouest, et les crises d'énervement pour les traverser. Comme toujours c'est un problème d'argent. Les douaniers veulent nous faire payer une taxe. Nous refusons, nous gueulons et essayons de passer en force. Résultat deux heures de perdue et 25 dollars que nous déboursons finalement en plus des 100 $ de visa et 50 $ d'assurance. Cela fait cher le passage de la frontière, surtout que dans les pays précédents nous n'avons pratiquement rien payé. Nous, occidentaux, sommes toujours offusqués dès qu'il faut payer une taxe ou un bakchich, mais il ne faut oublier que c'est malheureusement le lot d'une majorité d'africains et qu'ils n'ont ni les mêmes moyens que nous ni la même marge de manœuvre. Alors, discuter oui, mais éviter de faire des scandales même si cela fait du bien quand on est fatigué. Nos premiers paysages tanzaniens sont des plantations de thé à perte de vue sur des collines. Il n'arrête pas de pleuvoir. Du coup nous prenons une chambre dans une mission à M'baye pour deux jours. C'est un hébergement très courant en Afrique de l'est et très bon marché, où l'on rencontre toute sorte d’africains en voyage ainsi que quelques touristes. Nous partons en ville faire des courses et y buvons la bière locale nommée Kilimandjaro. Cela nous rappelle que nous sommes tout près d'un endroit mythique, décor de carte postale qui ne correspond pas tout a fait au décor dans lequel nous évoluons actuellement. Il pleut, la ville est sale et cela fait encore plus ressortir la misère dans laquelle vive la majorité des Tanzaniens. Nous quittons le sud tanzanien et ses collines verdoyantes en direction de Dar es Salaam (env. 2.500.000 hab.) la capitale au bord de l'Océan Indien. Dès le premier jour, les contrastes tanzaniens apparaissent. Nous croisons des Masaïs, avec leur couverture rouge et leur lance, sur le bord de la route, traversons de petits villages faméliques pour finalement passer la nuit dans un superbe camping installé sur la ferme d'anglais où l'on nous vend de magnifiques légumes qui doivent probablement être destinés à l'exportation vers l'Europe. Sur le trajet nous passons une journée dans la réserve de Ruha (le prix des parcs est tellement élevé en Tanzanie que nous ne pouvons pas y camper pour la nuit) au cours de laquelle nous aurons la chance de voir un troupeau d'une centaine d'éléphant traverser une rivière tout près de nous.Comme nous étions en haut d'un promontoire, je me sentais en sécurité.

Le jour suivant, la nationale traverse une autre réserve. C'est sympa. On aperçoit de la route, plein d'animaux pendant une trentaine de kilomètres.

Peut être que c'était déjà le cas il y a cinquante ans, avant que la faune ne soit cantonnée dans les réserves. Le soir comme il n'y a pas de camping, nous cherchons un hôtel dans une petite ville et en trouvons un avec un parking fermé pour la voiture et une chambre au 1er étage avec escalier mais promesse d'aide pour monter et descendre. Nous nous installons en terrasse sous des parasols réalisés avec des toiles provenant de sacs de l'UNICEF. Le serveur nous informe qu'il y a deux mariages ce soir dans l'hôtel. Les cortèges arrivent l’un après l'autre. Les mariés du premier mariage rentrent dans la cours, assis sur des chaises en plastique installées dans la benne d'un pick-up. Ils sont suivit d'une nombreuse foule et accompagnés de bandas. On se croirait dans le Sud-ouest. Le deuxième mariage arrive ensuite. Ils s'installent dans une autre salle où les femmes ont préparé de grandes gamelles pour un frugal repas, car les gens viennent avant tout pour danser. La nourriture est chère. La nuit ne sera pas terrible, car entre la stéréo de la cour et celle de l'intérieur même de la chambre, on a l'impression d'être en disco. Une fois arrivés, à Dar es Salaam, nous nous installons dans un campement, sur une plage avec resto. Comme nous sommes dimanche, c'est bondé. C'est un vrai spectacle par contre. Il y a tout un groupe d'expatriés français devant nous qui ont vu nos plaques d'immatriculations françaises, mais ils ne viennent même pas nous saluer. A part une visite de la ville, qui sera aussi l'occasion de faire le ravitaillement, nous restons au campement où règne une rafraîchissante brise marine pour nous reposer. Nous prenons aussi la décision de ne pas aller visiter l'île de Zanzibar, car à part les plages tout le reste parait inaccessible en fauteuil, particulièrement la vieille ville avec ses hôtels en étage et ses rue en sable. Nous continuons notre route vers le nord de la Tanzanie en longeant l'Océan Indien au milieu des palmiers, des champs de sisal et d’ananas, et en profitons pour nous arrêter quelques jours au bord de plage. Nos voisins sont des jeunes qui font Londres -Le Cap en vélo ; ils nous proposent pour le lendemain une promenade en boutre, le vaisseau traditionnel de la Mer Rouge. La croisière nous mène sur un îlot de sable. Je me fais jeter du bateau pour faire du snorkling (plongée avec tuba). Comme toujours, la remontée à bord sera guignolesque avec en plus, lorsque nous rentrons, la mer basse et le propriétaire du campement est obligé de venir me chercher avec une charrette.

Après ces quelques jours de plage, nous reprenons la route pour Arusha : la Mecque de l'Afrique de l'est pour les safaris ainsi que les expédition au Kilimandjaro et qui est aussi devenu le siège du tribunal international pour juger des crimes commis au Rwanda. Cette ville est située près du Kilimandjaro, mais aussi de la vallée du rift et ses grands lacs. Arusha sert de camp de base pour les safaris vers le parc du Serengeti et le cratère Ngorongoro, qui sont les réserves les plus populaires de Tanzanie. Nous passons à vingt kilomètres du Kilimandjaro et ses 5840 mètres situé au milieu du plateau, sans pouvoir le voir car il est dans les nuages. Tant pis pour la première image d'Epinal. Par contre les Masaï sont bien là, peut être même un peu trop sédentarisés car entre les réserves et la progression de l'agriculture intensive par les Kikouyou, l'ethnie du président, la surface de terre où ce peuple nomade pouvait promener ses troupeaux a considérablement réduit. Notre première visite est pour le lac Easy. C'est un lac sale (donc il y a des flamants roses), très peu fréquenté. Au loin nous voyons la cassure de la rift vallée.
La vallée du grand rift (ou vallée du rift africain, ou grand rift est-africain) est un élément géologique majeur, qui s'étend du sud de la mer Rouge (au nord) au Zambèze (au sud) sur plus de 9.500 km de longueur, 40 à 60 km de largeur et quelques centaines à quelques milliers de mètres de profondeur.

Tout est très aride. Les conditions de vie pour les locaux sont très dures. Il y a quelques cultures au milieu des pierres ainsi que des chèvres. En allant payer, pour camper sous des acacias au bord du lac, nous jouons les Américains en buvant une bière dans le lodge avec une magnifique vue sur le lac, alors que de notre campement, désert sur les rives, ils nous sera impossible de voir l'eau à cause des joncs ; pour une fois, il y avait vraiment une différence d'environnement entre les campeurs et ;;;;;;. Après ces 24 heures tranquilles, retour à Mtowabu, dernier lieu de campement avant les grands parcs. Il y a des hordes de touristes du monde entier. Tous sont très pressés. Ils veulent tout voir, c'est-à-dire visiter un parc et apercevoir les 5 grands : lion, éléphant, buffle, rhinocéros, léopard, puis escalader le Kilimandjaro en 5 jours et finir par la plage à Zanzibar. Tout cela à caser en deux semaines, avion compris. Du coup, nous décidons d'éviter la visite du cratère géant du Ngorongoro dans lequel on peut voir d'un coup d'œil toute la faune africaine après avoir affronté les embouteillages pour y descendre. Nous partons pour le lac Natron en suivant la vallée du rift et en espérant pouvoir rentrer par le nord, dans le parc du Serengeti, qui est beaucoup moins fréquenté. Le parcours est superbe. Nous sommes sur de grands plateaux pelés, entourés de volcans et de falaises ; à droite et à gauche, beaucoup de Masaïs avec leurs troupeaux et en prime, des gnous, des zèbres, des antilopes, tous échappés des parcs. Nous sommes sans cesse sollicité par les Masaïs pour que nous leur donnions de l'eau. Je ne sais pas s’ils ont vraiment soif ou s'ils sont curieux, mais en tout cas ils n'ont pas de gourde malgré la chaleur. C'est aussi l'occasion d'échange de brloques, car ils sont habitués aux rencontres touristiques.

Nous devrons d’ailleurs marchander ferme le prix de la nuit dans un camping, tenu par des Masaïs, car les tarifs proposés ressemblent à ceux des hôtels. Par contre une fois les questions d'argent terminées, nous passons de bons moments avec les femmes à rigoler. Nous avons droit, le matin, à un exposé de la situation de ce peuple par un jeune qui parle parfaitement anglais. Pour quitter le lac Natron et la vallée du rift, en direction du parc, nous passons deux cols à plus de 2000 m pour nous retrouver sur des plateaux où il pleut. La température a baissé de 20°. Au milieu de ces prairies vertes, des taches rouges. Ce sont les Masaïs, enroulés dans leurs couvertures, qui gardent leurs troupeaux ou parcourent les plaines à pieds : sauf un grand-père et son petit-fils qui en profitent pour faire une dizaine de kilomètres dans notre voiture.

Nous nous cachons à un kilomètre de l'entrée du parc pour bivouaquer et éviter d'y payer la nuit. Mais comme les animaux ne connaissent pas les limites payantes de l'homme, nous dînons entouré de gazelles, girafes et babouins. C'est un super avant goût de ce qui nous attend le lendemain. Dès six heures, nous sommes les seuls touristes à l'entrée, dans cette partie du Serengeti. Après avoir vu plusieurs sortes d'antilopes et des éléphants, nous tombons sur 2 lionnes et 5 lionceaux allongés sur un gros rocher. Les lionnes commencent à se déplacer doucement dans les herbes avec de longues pauses d'observation. Nous pensons qu'elles se mettent en place pour chasser mais nous ne pouvons pas attendre et devons traverser le parc dans la journée. Plus au sud, ce sont des hordes d'humains bardés d'appareils photos dans des 4x4. Nous décidons de partir vers le corridor ouest où se trouve la rivière Grumeti, célèbre car dans tous les reportages animaliers sur l'Afrique on la voit traversée par des hordes de gnous qui se font attaquer par les crocodiles et se battent pour remonter tous en même temps par de petits corridors. Si les gnous sont absents, les énormes crocodiles du Nil sont bien en place attendant la prochaine migration et la prochaine curée.

Nous sommes sorti du parc par les rives du lac Victoria et sommes dans un autre monde, après celui protégé des réserves. C'est surpeuplé. Il y a des réfugiés de tous les pays des grands lacs, ravagés par la guerre, et des paysans, sans terre, qui viennent pêcher. Le passage de la frontière pour le Kenya est aussi très onéreux et nous décidons d'attendre pour acheter l'assurance. Du coup nous serrons les fesses pendant les 200 km qui nous permettent d'atteindre la première ville. Mais comme le Kenya vit du tourisme, les policiers les arrêtent très peu et les rackettent encore moins. Nous nous installons encore dans une mission. Dans notre chambre, la descente de lit est un tapis avec la Mecque dessinée dessus. Le tout sous les yeux d'un Christ fluo accroché au mur et bien sûre une bible.
Kericho au sud-ouest du Kenya est une région humide aux collines verdoyantes. C'est là que se trouve l'essentiel des plantations de thé dont la cueillette se fait exclusivement de manière manuelle. En cela, l'Afrique comme l'Inde ou la Chine disposent d'une main-d'œuvre abondante et bon marché. Nous ne restons pas longtemps dans ce coin car il y pleut tout le temps et il y fait froid. Nous préférons redescendre dans la vallée du rift où il fait chaud et sec et il y a plein de lacs qui ont chacun leurs caractéristiques. Nous zappons le lac Nakuru et la petite réserve qui l'entoure, pour aller plus au nord. Il est trop fréquenté et de plus en plus urbanisé. Nous nous arrêtons tout d'abord au lac Bogoria, coincé entre d’immenses falaises.

Son eau est salée. Donc il y à quelques milliers de flamants roses qui y séjournent, lesquels finissent de temps en temps brûlés par les geysers d'eau chaude qui se trouvent au bord du lac. Pour le dîner nous faisons cuire nos œufs sur une mini source d'eau bouillante et, pour le réveil, nous aurons la chance d'avoir quelques antilopes et phacochères autour de nous sans oublier les babouins, toujours prêts à vous chiper quelques nourritures. A une centaine de kilomètres se trouve le lac Baringo. C'est un plan d'eau douce où l’on trouve plus de 400 espèces d'oiseaux, des hippopotames, des crocodiles, du poisson et donc des pêcheurs. Le campement est superbe avec un ponton au bord du lac d'où l'on peut voir des crocodiles et des hippopotames. Ces derniers sortent la nuit pour aller brouter dans le camping et il faut faire très attention ne pas se retrouver entre eux et le lac, car dans ce cas ils vous attaquent. Il y a tellement d'oiseaux que leur bruit en devient presque fatiguant, mais c'est dommage que nous n'ayons pas de guide sur les oiseaux pour en profiter plus.

Plus nous remontons vers le nord, plus c'est désertique. Nous traversons les territoires de différentes tribus de nomades pasteurs : les Pottos, puis les Samburus dont les guerriers (comme chez les Masaïs, les jeunes garçons à partir de 14 ans partent entre eux, loin de leur village, jusqu'au mariage et font leur apprentissage de guerrier) ont un look mi-masaï, mi punk pour la coiffure.

Nous passons une nuit à Maralal, dernière ville avant le nord-ouest sauvage du Kenya. Tous les ans, il s'y tient une grande course de chameaux. De là, nous repartons vers l'est en traversant de grands plateaux. Nous passons une journée dans la réserve Samburu où nous apercevons pour la première fois des léopards ; puis nouvelle halte à Isolio où l'atmosphère change complètement. Ici on sent l'influence somalienne. La majorité de la population est musulmane. Il est même difficile de trouver une bière.

Avant de rejoindre Nairobi, nous faisons un détour pour visiter le parc Meru. J’ai suivi l'aventure du repeuplement animal de ce parc dans une série sur la cinquième chaîne. Dans les années 90, pendant la guerre de Somalie, tout le nord-est du Kenya est devenue une zone d'insécurité, abandonnée par le gouvernement. Du coup ce parc a été squatté par des bandes armées qui ont décimées toute la faune. Une fois la paix revenue, le directeur de la réserve a entrepris un projet de réhabilitation du parc avec l'aide de plusieurs agences de développement française, le tout filmé par la Cinq autour d'un projet éducatif. Nous sommes les seuls touristes dans ce parc. C'est une super sensation, même s'il y est difficile de voir les animaux. Par contre il y a beaucoup de mouches tsé-tsé qui vont même jusqu'a courser la voiture. Du coup il faut fermer les fenêtres, malgré les 40°, jusqu'a quitter leur zone.
Nairobi est comme toutes les capitales africaines une ville poluée, embouteillée en permanence dans laquelle les richesses extrêmes côtoient la misère de tous les paysans poussés par la sécheresse et la famine qui essayent de survivre en ville. Nous trouvons une guesthouse dans laquelle il nous sera possible de parquer notre véhicule quand nous rentrerons en France. Mais nous voulons faire un dernier petit séjour sur les plages de l'Océan Indien avant de rejoindre l'hiver français. Au lieu de prendre la nationale qui nous mènerait directement à Mombasa, nous faisons un long détour sur des pistes afin de rejoindre les pieds du Kilimandjaro, nous avons lu dans le guide du routard qu'un pilote français y proposait des survols du parc Amboseli en ULM. Alors que nous sommes encore à 100 km de l'arrivée, au milieu de troupeaux gardés par des Masaïs, le Kilimandjaro apparaît dans toute sa splendeur avec son dôme blanc (qui est en train de disparaître avec le réchauffement climatique).

C'est comme dans les plus beaux documentaires. En plus Alexis, le pilote, nous réserve un superbe accueil. Il nous invite au bar du lodge où il travaille, puis demande au chef Masaï du coin, de nous accueillir près de son village, pour la nuit. En effet, à l’intérieur du village, il y a plein de clôtures d’acacias épineux au milieu desquels chèvres et vaches passent la nuit à l'abri des prédateurs. Nous nous réveillons à 5 heures, le temps de voir le lever de soleil sur le glacier, puis filons direct sur la piste d'aviation où nous attend Alex.

C’est un ULM ouvert qui nous attend ; du coup après m'être installé dans le baquet, on me scotche les pieds et les jambes sur les barres afin qu'ils ne pendent pas dans le vide. Ce fut magnifique de voir enfin la savane d’en haut, tous les sentiers tracés par les animaux, les villages des bergers tout en rond. Nous avons survolés des troupeaux d'éléphants, de zèbres etc., le tout au pied du Kilimandjaro.

Une fois le vol de Christine fini, Alexis nous a de nouveau invité pour le brunch, dans la loge, dans ce décor magnifique.

L'arrivée sur la côte nous a vite fais redescendre sur terre : des hordes de touristes se déplacent des centres commerciaux ultra modernes à leurs clubs hôtels ultra protégés, la prostitution et les campings plutôt crades. Il est temps pour nous de rentrer à Nairobi, de ranger la voiture et de prendre l'avion pour retourner en France. Ce voyage aura été moins riche en rencontres que les précédents. Tout d'abord la langue a été un obstacle, mais aussi parce qu'on pratiquement jamais dormis en brousse où dans des campings appartenant aux autochtones. Il y a une grande infrastructure touristique appartenant aux blancs dans laquelle on se retrouve entre voyageurs. C'est reposant mais le voyage n'a plus la côte aventure et rencontre que nous avions eu sur la côte ouest.

 

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Auteur : GUILLAUME GILLY infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur